Derrière ses déguisements et ses mises en scène, cindy Sherman ne se photographie pas pour se raconter mais pour interroger la fabrication des rôles: l’article décrypte sa démarche, ses séries clés, son courant artistique et les repères pour comprendre ses images.
- chez cindy Sherman, l’« autoportrait » est un personnage: un masque qui expose des codes visuels plutôt qu’un récit intime
- ses séries fonctionnent comme un dispositif critique: elles mettent en crise l’identité, les stéréotypes et le male gaze
- une lecture efficace passe par des indices concrets: rôle, références, décor, lumière, posture et place du spectateur
- « untitled film stills », « centerfolds » et « history portraits » montrent comment elle fabrique du récit sans film, et de l’histoire sans vérité
- le marché consacre aussi cette puissance d’images: « untitled no 96 » a atteint 3 890 000 $ chez christie’s en mai 2011
Cindy Sherman, une photographe qui n’est pas le sujet de ses images

On parle d’autoportrait à propos de cindy Sherman parce qu’elle apparaît dans ses photographies, mais le mot trompe si on l’entend au sens confessionnel. Elle n’utilise pas son visage comme une signature psychologique: elle s’en sert comme d’un support interchangeable pour tester des identités, des âges, des classes sociales, des codes de séduction ou de respectabilité. Ce n’est pas « cindy » qui se révèle, c’est l’image qui se démontre.
Son geste est d’abord un geste de fabrication. Dans un même mouvement, elle est sujet et photographe, mais aussi costumière, maquilleuse, directrice de casting et metteuse en scène. Le résultat n’est pas un portrait, c’est un dispositif photographique: un ensemble de décisions (décor, accessoires, lumière, cadrage, expression) qui produit une lecture et, surtout, qui rend visibles les mécanismes habituels de la représentation.
Cette logique explique la récurrence d’un choix qui peut sembler paradoxal: beaucoup d’œuvres s’intitulent « untitled ». L’absence de titre agit comme un verrou contre l’anecdote. Elle empêche de réduire l’image à une histoire unique et oblige à regarder comment le sens se construit. Dans cette photographie contemporaine, l’identité n’est pas une essence: c’est une performance réglée par des normes, des genres et des attentes culturelles.
La mise en scène n’est donc pas un simple décor. Elle est le lieu où se croisent stéréotypes, désir de récit et jugement social. Ce que l’on croit reconnaître dans une figure féminine, une posture ou un vêtement devient le vrai sujet: la manière dont une société « lit » les corps et les visages, et comment le male gaze structure cette lecture. C’est là que le travail de cindy Sherman rejoint des enjeux de féminisme sans se réduire à un slogan: elle installe le spectateur dans une position de lecteur, parfois de voyeur, puis lui montre la mécanique de sa propre interprétation.
Pour comprendre cette stratégie, un détour s’impose: l’artiste s’inscrit dans une longue histoire de l’autoportrait, mais elle en déplace le centre de gravité. De l’autoportrait classique à l’autoportrait comme personnage: repères historiques.
De l’autoportrait classique à l’autoportrait comme personnage: repères historiques
L’histoire de l’autoportrait dans l’art commence comme une affirmation: l’artiste se représente pour attester de son statut, de sa virtuosité, de sa place sociale. Peinture et dessin ont longtemps dominé ce territoire, avec un enjeu double: se montrer et se légitimer. L’autoportrait sert alors de scène de contrôle, où l’auteur choisit ses attributs, son regard, son décor, et construit une image de soi cohérente.
Avec l’arrivée de la photographie, le pacte change. Le médium promet une empreinte du réel, mais cette promesse ouvre aussi la porte à une nouvelle ambiguïté: la ressemblance peut masquer la fabrication. Très tôt, l’autoportrait photographique devient un laboratoire de poses, d’éclairages, de rôles. La caméra n’enregistre pas seulement un visage: elle enregistre une mise en scène et, avec elle, les normes d’une époque.
Le basculement décisif, pour lire cindy Sherman, tient à une idée: l’autoportrait peut cesser d’être « moi » pour devenir « je joue ». L’artiste ne cherche plus une continuité de l’identité, mais sa pluralité, voire sa contradiction. L’autoportrait devient performance, montage, masque. Il peut aussi devenir critique: montrer l’écart entre ce que l’on est et ce que les images exigent que l’on paraisse.
Dans ce cadre, l’apport de Sherman est net: elle ne modernise pas seulement un genre, elle en inverse la finalité. Là où l’autoportrait classique tendait vers l’unité (un visage, un style, une vérité), son travail insiste sur la construction (plusieurs visages possibles, plusieurs récits incompatibles). L’autoportrait devient un outil d’analyse des représentations, et non un miroir intime.
Ce déplacement historique prépare une autre question, plus technique et plus politique: dans quel courant inscrire une œuvre qui emprunte aux images populaires, aux codes de la mode, au cinéma, tout en restant une enquête sur le médium. À quel courant artistique associer cindy Sherman: postmodernisme, art conceptuel et appropriation.
À quel courant artistique associer Cindy Sherman: postmodernisme, art conceptuel et appropriation
Cindy Sherman est généralement associée à un faisceau d’étiquettes qui se complètent: postmodernisme, art conceptuel, photographie mise en scène, appropriation, et la constellation dite « pictures generation ». Ces catégories ne sont pas des cases, mais des outils de lecture: elles décrivent une pratique qui traite l’image comme un langage déjà là, saturé de références, de clichés et de rapports de pouvoir.
L’ancrage dans l’art conceptuel éclaire sa méthode: l’idée prime sur l’expression personnelle. Sherman commence par la peinture puis se tourne vers la photographie pendant ses études, dans un contexte marqué par le minimalisme et l’art conceptuel des années 1970. Diplômée en 1976 après une inscription à l’université d’état de new york au début des années 1970 et des études au state university college de buffalo, elle construit une pratique où la série, la règle du jeu et le protocole comptent autant que l’image finale.
Le postmodernisme, lui, aide à comprendre la tonalité: méfiance envers les grands récits, goût pour la citation, mélange des registres, et surtout conscience que l’identité est médiatisée par des images. Sherman ne « représente » pas la femme, elle représente des représentations de la femme. C’est là que l’appropriation intervient: sans toujours reprendre une image précise, elle s’approprie des codes (cinéma, publicité, portrait d’apparat, photographie de mode) pour en révéler les règles implicites.
Son installation à manhattan en 1977 et le démarrage, la même année, des « untitled film stills » s’inscrivent dans cette logique: travailler à partir d’un imaginaire collectif plutôt que d’une biographie. Elle vit et travaille à new york, et son œuvre, depuis quasiment un demi-siècle, est indissociable d’un geste récurrent: tenir elle-même l’appareil, se placer dans l’image, et faire de cette présence un piège critique.
Ces cadres théoriques deviennent concrets dès sa série la plus célèbre, qui ressemble à du cinéma sans être du cinéma, et qui fabrique des stéréotypes pour mieux les défaire. Untitled Film Stills: quand l’autoportrait devient un miroir des stéréotypes.
Untitled Film Stills: quand l’autoportrait devient un miroir des stéréotypes

Les « untitled film stills », commencés à partir de 1977 après son installation à manhattan, empruntent leur logique à une définition précise: un film still est une photographie produite pendant la fabrication d’un film, à visée promotionnelle, souvent posée, proche de la photo de plateau au sens large. Sherman détourne ce principe: elle crée des images qui ressemblent à des extraits de films qui n’existent pas.
Le cœur de la série tient dans ce paradoxe: chaque photo semble prise au milieu d’une intrigue, mais aucun scénario ne vient la stabiliser. Le spectateur comble les blancs, projette des causes et des conséquences, attribue des intentions au personnage. Cette projection est précisément le sujet. Sherman organise une situation où l’on mesure la force des codes narratifs: un escalier, une valise, un regard par-dessus l’épaule suffisent à déclencher un récit.
La méthode de fabrication repose sur des paramètres lisibles:
- cadrage: angles légèrement dramatiques, plans qui isolent ou au contraire laissent entrer un hors-champ inquiet
- costumes et coiffures: signes immédiats d’un statut et d’une époque fantasmée, plus que d’un individu
- archétypes: la jeune femme en transit, l’ingénue, la citadine, la provinciale, la secrétaire, la fugitive
- ambiguïtés: une expression qui hésite entre peur, attente, calcul; une scène qui peut être banale ou menaçante
Ce ne sont pas des images « sur » le cinéma, mais des images sur la lecture cinématographique du réel. En rejouant des stéréotypes féminins, Sherman met à nu la manière dont le male gaze fabrique des personnages avant même de rencontrer des personnes. Le féminisme, ici, passe par un démontage: montrer que l’archétype précède le regard, et que le regard enferme.
La série sert aussi de matrice: elle pose un principe que Sherman déplacera ensuite vers d’autres industries de l’image, de la publicité à l’histoire de l’art. Cette progression est visible quand ses mises en scène quittent l’allusion cinématographique pour s’attaquer frontalement au glamour, au grotesque et à la violence symbolique. Des années 1980 aux années 1990: mode, grotesque et critique des normes.
Des années 1980 aux années 1990: mode, grotesque et critique des normes
Après le laboratoire des « untitled film stills », Sherman élargit son arsenal. Son travail des années 1980 et 1990 intensifie la confrontation avec des régimes d’images plus agressifs: la publicité, la photographie de mode, le portrait de prestige, mais aussi le corps comme surface artificielle. Le principe reste le même: une mise en scène rigoureuse, un personnage construit, et une image qui accuse les normes qu’elle mime.
La série des Centerfolds marque un tournant dans la relation au spectateur. Le format et certaines poses évoquent des images destinées à être consommées, mais l’affect ne correspond pas à l’attendu: malaise, retrait, tension. Sherman ne livre pas une « image séduisante », elle livre une situation où la séduction se révèle comme contrainte. Le regardeur se retrouve face à sa propre habitude de lecture: chercher des signes disponibles, interpréter un corps comme une offre, confondre proximité et droit de regard.
Avec les History Portraits, elle déplace la critique vers l’histoire de l’art elle-même. Elle rejoue des codes de portraits anciens, mais en laisse apparaître les coutures: prothèses, maquillages, textures artificielles. Le résultat n’est pas une parodie gratuite: c’est une démonstration que l’« authenticité » du portrait d’apparat est déjà une construction, avec ses conventions de statut, de genre et de pouvoir. En reconstituant l’autorité visuelle, elle en montre la théâtralité.
Cette période rend également plus visible une esthétique du grotesque: visages durcis par le maquillage, corps qui semblent trop lisses ou trop fabriqués, expressions qui oscillent entre comédie et inquiétude. La critique ne vise pas seulement la représentation des femmes, mais le pouvoir des images en général: leur capacité à normaliser, à humilier, à faire passer la violence symbolique pour du goût.
Pour éviter de réduire ces séries à une suite de « déguisements », il faut une méthode de lecture stable, applicable d’une image à l’autre. Comment lire une photo de cindy Sherman: une méthode d’analyse en 5 indices.
Comment lire une photo de Cindy Sherman: une méthode d’analyse en 5 indices
Lire cindy Sherman, c’est accepter que l’image soit un dispositif et non un simple contenu. Une méthode concrète aide à ne pas s’arrêter au costume. Elle tient en cinq indices, à parcourir dans l’ordre, comme on remonterait une chaîne de fabrication.
1. Identifier le personnage et le rôle social. Décrivez sans interpréter trop vite: âge apparent, milieu social suggéré, situation (attente, fuite, pose, confrontation). L’enjeu est de repérer le rôle avant de chercher une psychologie. Dans les Untitled Film Stills, ce rôle est souvent un archétype narratif; dans les History Portraits, un statut.
2. Repérer les références culturelles. Cinéma, presse, peinture, publicité: Sherman travaille sur des bibliothèques d’images. Demandez-vous si la photo cite une époque, un genre (mélodrame, portrait d’apparat), ou une industrie (mode). L’appropriation est souvent une appropriation de grammaire visuelle, pas un copier-coller.
3. Examiner décor et accessoires comme des preuves. Un rideau, un meuble, une valise, un fond neutre, un accessoire trop signifiant: ce sont des indices de récit. Notez aussi ce qui manque. Le vide, chez Sherman, est souvent un moteur de projection: le hors-champ devient une machine à fantasmes.
4. Lire lumière et cadrage comme une prise de position. Une lumière dure peut rendre le maquillage plus violent; une lumière douce peut rendre la scène plus perfide. Le cadrage, lui, règle la distance morale: proximité intrusive, plan qui piège, angle qui dramatise. Cette étape permet de comprendre comment l’image fabrique le male gaze ou le contrarie.
5. Observer posture et regard, puis retourner la question vers le spectateur. Le personnage regarde-t-il l’objectif, ou fuit-il le regard. Est-il offert, protégé, absent, défiant. Puis, dernière bascule: que fait l’image au regardeur. Le met-elle en position de juge, de consommateur, de complice, d’enquêteur. C’est là que l’identité apparaît comme une construction sociale: non pas ce que « je suis », mais ce que l’on attend que je sois.
Cette grille de lecture devient particulièrement éloquente lorsque Sherman multiplie les visages et rend visible la fragmentation du « moi ». Quel est le message du triple autoportrait: identité fragmentée et regard social.
Quel est le message du triple autoportrait: identité fragmentée et regard social
Le triple autoportrait concentre une idée récurrente chez cindy Sherman: l’identité n’est pas une unité stable, mais un assemblage de positions. Multiplier le visage, c’est montrer que le « moi » est composé: composé de rôles, de postures, de masques, et de la manière dont les autres nous regardent.
Dans cette logique, la fragmentation ne renvoie pas à un simple jeu formel. Elle matérialise un fait social: nous sommes perçus différemment selon les contextes, et nous apprenons à nous ajuster. Le dispositif photographique rend ce mécanisme visible, car la photographie, en tant qu’image supposée « objective », est précisément l’outil qui fige des identités et les transforme en étiquettes.
Le triple autoportrait met aussi en scène le regard qui juge. Quand plusieurs versions coexistent, aucune ne peut prétendre être la « vraie ». Le spectateur est alors poussé à chercher la bonne, à hiérarchiser, à choisir celle qui lui paraît la plus crédible ou la plus acceptable. C’est ce réflexe que l’œuvre critique: la tendance à réduire une personne à une image, et une image à une norme.
Ce type d’œuvre explique pourquoi Sherman occupe une place singulière dans la photographie contemporaine: elle n’ajoute pas des images au monde, elle montre comment le monde est déjà gouverné par elles. Cette puissance symbolique a aussi une traduction économique, spectaculaire, qui nourrit débats et malentendus. Œuvre la plus chère, record et marché: ce que valent les photos de cindy Sherman.
Œuvre la plus chère, record et marché: ce que valent les photos de Cindy Sherman
La photographie la plus chère de cindy Sherman, selon les repères disponibles, est « untitled no 96 », adjugée 3 890 000 $ chez christie’s en mai 2011, annoncée comme un record mondial pour une photographie. Ce chiffre est souvent cité parce qu’il condense un paradoxe: une artiste qui critique les codes visuels et la consommation d’images devient aussi un symbole du marché de l’art et de ses records aux enchères.
Pour comprendre ce que « valent » ses photos, il faut distinguer la valeur artistique de la valeur de marché. Le marché se construit sur des paramètres concrets, qui peuvent faire varier fortement les prix d’un tirage à l’autre, même pour une image identique.
| Facteur | Ce que cela change |
|---|---|
| tirage et édition | rareté relative, désirabilité, cohérence avec les pratiques d’édition de l’artiste |
| provenance | historique de collection, crédibilité, attractivité pour les acheteurs |
| série | certaines séries, comme celles devenues emblématiques, sont plus demandées |
| état et conservation | qualité du papier, stabilité des couleurs, absence d’altérations |
| expositions et publications | visibilité, statut d’image « de référence » dans l’histoire de l’œuvre |
Cette économie n’annule pas la portée critique, mais elle la complique. Elle rappelle que les images circulent dans plusieurs régimes à la fois: musée, presse, livres, collections privées, enchères. Sherman a même été sollicitée en 2011 par une marque de cosmétique pour utiliser ses images en publicité, signe que son esthétique, même critique, peut être récupérée par les industries qu’elle observe.
Reste que son influence dépasse largement la cote. Sa méthode de fabrication, son usage de l’autoportrait comme personnage et son démontage des stéréotypes ont transformé la culture visuelle, y compris là où l’on ne la cite pas. L’héritage de cindy Sherman à l’ère du selfie: ce qu’elle a changé dans la photographie.
L’héritage de Cindy Sherman à l’ère du selfie: ce qu’elle a changé dans la photographie
L’héritage de cindy Sherman tient moins à un style reconnaissable qu’à une idée devenue centrale en photographie contemporaine: l’image est un outil de pouvoir, et l’identité un effet de mise en scène. En se plaçant devant l’objectif tout en restant l’autrice du cadre, elle a rendu visible une tension que beaucoup d’images dissimulent: qui contrôle la représentation, et selon quelles règles.
Son apport est aussi méthodologique. Elle a montré que l’autoportrait peut fonctionner comme une enquête: on peut se photographier non pour se promouvoir, mais pour déplier des stéréotypes, tester des rôles, révéler les attentes d’un public. Là où le selfie vise souvent la confirmation (être vu, être validé), Sherman vise la friction: faire apparaître l’écart entre la personne et le personnage, entre le corps et le code.
Son influence se lit dans la généralisation de la mise en scène comme langage critique, dans la circulation des pratiques d’appropriation, et dans la manière dont les artistes abordent le genre et le regard. Elle a contribué à installer une question dans la culture visuelle: quand une image « ressemble » à quelque chose, qu’est-ce qu’elle reconduit, et qu’est-ce qu’elle met en crise.
Enfin, son parcours rappelle que cette critique s’est construite dans la durée. Née le 19 janvier 1954, avec des mentions de lieu qui varient entre glen ridge, new jersey, et new york, elle grandit après un déménagement familial vers huntington près de long island, dernière d’une fratrie de cinq enfants. Elle cofonde en 1974 un espace d’art contemporain à hallwalls, où elle présente sa première exposition personnelle en 1979. Ces repères ne valent pas pour la biographie, mais pour comprendre une chose: la cohérence d’un travail en séries, mené sur plusieurs décennies, où l’artiste est à la fois modèle et opératrice, et où chaque image est une hypothèse sur la fabrication sociale de l’identité.
FAQ
À quel courant artistique Cindy Sherman est-elle associée ?
Elle est associée au postmodernisme, à l’art conceptuel, à la photographie mise en scène et aux stratégies d’appropriation, souvent rapprochées de la « pictures generation », avec une lecture fréquente en termes d’art féministe.
Quelle est la photo la plus chère de Cindy Sherman ?
« untitled no 96 », vendue 3 890 000 $ chez christie’s en mai 2011, a été annoncée comme un record mondial pour une photographie.
Quel est le message du triple autoportrait ?
Il met en scène une identité fragmentée et performative: le « moi » apparaît comme une construction sociale faite de rôles, et l’œuvre renvoie au spectateur son réflexe de juger et de normaliser par l’image.
Quelle est l’histoire de l’autoportrait dans l’art ?
Longtemps lié à l’affirmation de l’artiste et à la maîtrise de son image, l’autoportrait évolue avec la photographie vers des formes performatives et critiques, où l’artiste peut incarner des personnages pour analyser les codes de représentation plutôt que raconter sa vie.
Chez cindy Sherman, la question n’est pas de savoir qui elle est, mais comment une image décide de ce qu’une femme doit être: ses séries offrent une méthode pour lire les stéréotypes, déjouer le male gaze et comprendre l’autoportrait comme un dispositif critique.





